D’ici quelques années, l’industrie sucrière sera obligée de réduire sa production en raison du quota élevé du CO2 qu’elle émet. En effet, ce secteur est confronté à la plus grande transformation industrielle de cette dernière décennie. Afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre, une mesure stricte a été prise pour tous les pays en Europe. Mais quels sont alors les défis écologiques auxquels les industries sucrières doivent faire face ?

La préservation de l’atmosphère

Les industries, tous secteurs confondus, sont responsables de 18 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, dont 6 % à travers les procédés industriels et 12 % via la consommation en énergie. Entre 1990 et 2017, les émissions de gaz carbonique des industries ont baissé d’environ 44 % dans l’Union européenne. Cela s’explique non seulement par la crise économique, mais aussi par le développement de procédés propres et de carbone industriel moins nocif pour l’environnement. En outre, la mise en place du marché de carbone en 2005 n’a pas eu un grand impact sur l’ensemble des industries.

Polluant secondaire, l’ozone est un gaz qui résulte de la transformation physico chimique de certains éléments tels que le monoxyde de carbone, l’oxyde d’azote ou tout autre composant organique volatil. En principe, ce sont les industries agroalimentaires comme les entreprises sucrières qui utilisent des méthodes privilégiant la production de ces polluants. Dans le secteur agricole, la décision européenne sur le « green deal » n’a pas été très bien perçue par les professionnels. L’usage des pesticides devra être réduit jusqu’à -50 % avant 2030 et celui des engrais chimiques de -20 %. Dans cette orientation, l’industrie sucrière voit cette annonce comme l’un des plus importants enjeux des prochaines années.

Une mutation vers l’électricité verte

La confusion qui caractérise le marché de l’électricité n’est plus une situation nouvelle pour de nombreuses entreprises. Avec la libération de ce marché dans les années 90, plusieurs fournisseurs sont devenus très actifs. Dans l’industrie sucrière, l’utilisation de l’électricité est un critère important afin de faire tourner les machines de production. Actuellement, les professionnels dans le secteur agroalimentaire doivent se tourner vers l’électricité verte. Par conséquent, les entreprises sucrières doivent utiliser de l’électricité produite à partir du soleil, du vent, de l’eau ou de l’énergie géothermique. Afin de contribuer à ce changement, les professionnels seront obligés d’investir dans une centrale électrique propre à l’organisation.

De nos jours, il existe certains labels qui proposent une première orientation vers la production de sa propre électricité. Cependant, les instruments à installer ne visent qu’à assurer un mégawattheure d’électricité qui ne peut plus être revendu. Concernant le certificat d’origine, il s’agit généralement de l’acte de naissance de la centrale électrique. Malheureusement, cette attestation peut être commercialisée indépendamment de l’électricité. Une entreprise peut, par exemple, acquérir un certificat d’origine alors que la centrale électrique qui lui donne du courant électrique utilise de l’électrochimie, de l’énergie nucléaire ou des énergies fossiles.

La limitation de la pollution d’air

Phénomène néfaste pour la santé de l’homme, la pollution de l’air se produit soit de manière naturelle, soit par les activités humaines. Dans le premier cas, l’air environnant devient irrespirable lorsqu’un événement tel qu’un incendie, une éruption volcanique ou une tempête de sable se produit. Quant au second cas, il s’agit des industries, des machines agricoles, des moyens de transport, etc. Étant donné que les entreprises sucrières associent deux activités, l’industrie et l’agriculture, elles sont les plus concernées en termes de pollution d’air. Les matières premières dédiées à la production du sucre sont principalement issues d’un processus physico chimique, une méthode qui généré des polluants tels que le dioxyde d’azote ou l’ozone.

Face à ces rejets atmosphériques importants, il est devenu primordial pour les industries de limiter la pollution d’air. Afin de préserver l’écologie, les sociétés agricoles, les fabricants et les distributeurs de sucre devront baisser leur production. Ainsi, l’industrie sucrière a pour défi de mettre en place une solution servant à diminuer l’émission de particules fines. Au niveau de la culture, les établissements concernés seront obligés de privilégier les techniques agroécologiques. En quelque sorte, limiter l’utilisation des engrais impactera la production, mais sera surtout bénéfique pour l’environnement. Du côté de l’entreprise sucrière, il sera nécessaire de faire la rénovation des parcs industriels en ajoutant des filtres sur les cheminées, en optimisant la performance énergétique ou en optant pour le carbone technique.