Bien qu’encore largement insuffisante, la transition écologique a commencé. Le WWF énumère les 10 signaux qui le confirment.

La température moyenne mondiale continue d’augmenter. Les objectifs fixés par la communauté internationale semblent loin d’être atteints. Et les conséquences du changement climatique – phénomènes météorologiques extrêmes, fonte des glaces polaires, élévation du niveau des océans – sont de plus en plus évidentes. Cependant, des signes encourageants montrent également que la transition écologique – quoique lente – a commencé.

Le WWF en a rassemblé dix dans un rapport intitulé  » 10 signaux pour une économie verte en marche « , élaboré en collaboration avec la Banque centrale française. De la transformation de l’agriculture au développement des énergies renouvelables, de l’abandon progressif des énergies fossiles à l’engagement des entreprises à s’aligner sur l’Accord de Paris. C’est ce qui peut nous rendre au moins partiellement optimistes.

1 – Le début de la fin du charbon

Selon l’analyse de l’association environnementale, « bien que la consommation de charbon reste particulièrement élevée, sa rentabilité diminue rapidement. Près de la moitié de la matière première américaine est entre les mains d’entreprises qui ont fait faillite. En Chine, 40% des centrales électriques sont financièrement déficitaires et la construction de 151 centrales a été annulée. Cette tendance a également un impact sur les prévisions du marché du travail :  » Bien que l’industrie ait fourni de l’emploi à 30 millions de personnes dans le monde en 2017, ce chiffre passera à 8,6 millions en 2050.

2 – Les investisseurs choisissent la transition écologique

Partout dans le monde, les investisseurs diminuent progressivement les fonds accordés à l’industrie des combustibles fossiles, au profit des entreprises vertes. A tel point que les deux macro-compartiments valent désormais le même montant en termes de capitalisation en Bourse, soit quatre billions de dollars. Par ailleurs, depuis six ans, les investissements dans les énergies renouvelables (280 milliards de dollars en 2017) ont dépassé ceux des centrales électriques alimentées par d’autres sources.

3 – Les pouvoirs publics abandonnent aussi les fossiles

De même, les gouvernements démontrent également – malgré les choix à contre-courant du président américain Donald Trump – qu’ils veulent tourner le dos aux combustibles fossiles. En 2013, ces dernières pourraient compter sur des subventions de 550 milliards de dollars, soit quatre fois plus que les énergies renouvelables. Trois ans plus tard, grâce aux travaux du Cop 21 à Paris, ce chiffre est tombé à 270 milliards. C’est encore une valeur beaucoup plus élevée que celle accordée aux sources propres (encore à 160 milliards), mais la réduction de moitié obtenue en seulement 36 mois donne de l’espoir.


4 – Le climat devient un « risque financier ».

Les entreprises, pour leur part, ont réalisé que le climat ne peut être ignoré dans la planification de leurs activités. Ainsi, le poids financier des investisseurs soutenant les recommandations du Groupe de travail international sur la transparence des risques liés au climat a atteint 100 billions de dollars (en termes de capitalisation).

5 – Les entreprises s’alignent sur l’objectif des 2 degrés

En outre, les entreprises privées elles-mêmes orientent de plus en plus leurs activités afin de contribuer à la réalisation de l’objectif principal de l’Accord de Paris. En d’autres termes, limiter la croissance de la température moyenne de la planète, à la surface de la terre et des océans, à un maximum de 2 degrés Celsius, d’ici la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels. Mais en restant aussi près que possible de 1,5 degrés.

Plus de 500 grandes entreprises dans le monde – responsables d’émissions de gaz à effet de serre représentant 900 millions de tonnes d’équivalent CO2 – se sont engagées dans cette voie.

6 – L’économie verte crée de plus en plus d’emplois

Sans compter qu’aujourd’hui déjà, plus de 10 millions de personnes travaillent dans le secteur des énergies renouvelables dans le monde, selon les chiffres publiés par l’Agence internationale de l’énergie.

7 – Les sources renouvelables deviennent accessibles

Du point de vue du consommateur, le prix de l’électricité produite à partir de sources propres est également en baisse constante. En Allemagne, il est déjà inférieur au prix de l’électricité produite traditionnellement. « La possibilité de stocker la production devient également plus facile, grâce à des batteries dont le coût a baissé de 70% entre 2010 et 2016 », poursuit le rapport de l’association environnementale.

8 – Le marché des voitures électriques décolle

« Il a fallu 20 ans pour atteindre le premier million de voitures électriques vendues dans le monde. Mais seulement 18 mois pour vendre le deuxième million « , explique le WWF. Cela indique comment, entre 2017 et 2018, les immatriculations ont augmenté de 66 % au niveau mondial : « D’ici 2040, on estime qu’un tiers des véhicules en circulation sera électrique.

9 – L’agriculture biologique est maintenant sur nos tables

Des changements majeurs sont également visibles dans le secteur agricole. « En 15 ans, selon le rapport, le marché biologique s’est considérablement développé en Europe. En 2000, la valeur n’a pas dépassé 7 milliards d’euros. Seize ans plus tard, il atteignait près de 35 milliards. Et aujourd’hui, elle est en mesure de créer plus d’emplois que les cultures traditionnelles.

10 – L’économie circulaire est de plus en plus répandue

Dans un monde où la concurrence pour les ressources (de plus en plus rares) continue de s’intensifier, de nombreux secteurs ont dû s’adapter. « Rien qu’en Europe, l’économie circulaire pourrait générer des économies de 1,8 billion de dollars d’ici 2030. Et il créera deux millions de nouveaux emplois « , conclut le WWF.