Une étude de la Commission mondiale sur l’économie et le climat a quantifié les avantages économiques et sociaux de la protection du climat et de l’environnement.
Les universités, les instituts de recherche et les conférences internationales ont réitéré que la transition écologique représente une opportunité de changement et de croissance alternative à celle dictée par le modèle actuel. Pourtant, beaucoup ne semblent pas encore convaincus de l’intérêt que suscitent non seulement l’environnement et le climat, mais aussi l’économie du changement.
Les leaders des majors du pétrole et du charbon ne le sont pas (ce qui n’est pas surprenant). Mais de nombreux gouvernements ne le sont pas non plus (probablement aussi à cause des pressions exercées par les lobbies eux-mêmes, qui ne sont pas enclins à dépenser pour le climat).

France : sauver la planète pour sauver l’emploi

Près de 80 000 emplois en CDI pourraient être créés et 10 000 vies sauvées dans chaque pays européen si au moins une de leurs grandes villes atteignait le niveau de pratique du vélo de Copenhague (Danemark). Telle est la conclusion d’une nouvelle étude publiée par la CEE-ONU et le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe dans le cadre de la 4e Réunion de haut niveau sur les transports, la santé et l’environnement.
Le bois, pourvoyeur d’emploi
En 2017, l’économie verte représentait 16,5% des offres d’emploi en CDI. La filière bois-énergie est l’un des secteurs qui recrute le plus : elle propose plus de 400.000 emplois à des profils divers, comme par exemple les postes de gestionnaire de plateforme ou d’ingénieur agronome.
De nombreux débouchés découlent de cette branche du développement durable : construction, scierie, travaux forestiers et d’emballages, encadrement de négoce.
L’éolien et le solaire ont le vent en poupe
Les profils exerçant dans les domaines de la biomasse et la méthanisation sont également recherchés. Les offres pour les métiers les plus concernés sont, entre autres : équipementier pour les digesteurs, développeur de projet de méthanisation, ingénieur d’étude en méthanisation, collecteur de biodéchet, technicien d’exploitation, etc.
Energies renouvelables riment avec solaire et éolien. Les chefs de projet éolien et les techniciens de maintenance éolien ont le vent en poupe dans ces deux filières. En 2017, selon France énergie éolienne, quatre emplois en CDI par jour ont été créés dans le solaire et l’éolien.
La rénovation énergétique recrute
Les professions en rapport avec l’installation de matériel innovant voient également leurs effectifs augmenter. A côté des postes de couvreur-zingueur, façadier, étanchéiste, charpentier, plombier, ce domaine d’activité recrute de plus en plus de profils de techniciens thermiciens (spécialistes des installations de chauffage, de production d’énergie et de climatisation), mais aussi d’électrotechniciens et de domoticiens pour la mise en place d’équipements intelligents visant à maîtriser la consommation d’énergie.
Un autre métier a succès : coordinateur de projet de rénovation énergétique de bâtiment, aussi appelé technicien-conseil en rénovation énergétique de bâtiment ou chargé d’affaires en rénovation énergétique de bâtiment.
Faire des déchets un métier
Loin des préjugés, la transformation et la valorisation des déchets est aussi créatrice d’emploi. Et, dans ce domaine, il n’y a que l’embarras du choix : équipier de tri (éboueur, ripeur, agent de collecte), agent de tri à technico-commercial, chauffeur, conducteur d’engin, agent de maintenance, responsable d’exploitation.
La sensibilisation et l’économie circulaire font partie des piliers de l’économie verte. Les métiers relatifs à ce sujet se multiplient depuis quelques années, à l’image de la création du poste d’ambassadeur de tri exercé notamment auprès des collectivités.
Les recycleries et les ressourceries qui participent au réemploi d’objet ou de matériels, à la réparation et à la réutilisation des produits, offrent également des opportunités.
Le triomphe du bio
L’agriculture bio excelle en matière de recrutement. Entre 2012 et 2017, selon le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 49.200 emplois ont été créés dans ce secteur, qui a également des besoins dans les métiers de la transformation, de la distribution et de la vente au détail.

La lutte la plus rentable contre le changement climatique dans le maintien du statu quo

Un nouveau rapport, publié le 5 septembre, montre – chiffres en main – les énormes possibilités que la transition ouvre au monde entier. Il a été rédigé par la Commission mondiale sur l’économie et le climat, un organisme indépendant créé par le Royaume-Uni, la Suède, l’Indonésie, la Norvège, la Corée du Sud, la Colombie et l’Ethiopie. Son objectif est précisément d’aider les gouvernements à comprendre pourquoi ils devraient considérer le changement éco-durable comme un moyen de croissance. Selon les chercheurs de la Commission, la transition pourrait être encore plus bénéfique que le statu quo.
L’étude décrit d’abord comment le contexte « évolue » aujourd’hui. Les experts indiquent que le pic de la demande de charbon, de pétrole et de gaz au cours des 20 prochaines années est  » probable « . Dans le premier cas, la demande pourrait commencer à baisser dans le monde au cours des 5 à 10 prochaines années. Cela a déjà conduit à un changement majeur dans l’allocation des capitaux dans le secteur de l’énergie. Pensez à l’alliance signée au Cop 23 à Bonn par plus de 60 gouvernements, entreprises et autres organisations.

« 700 000 morts prématurées évitables dues au smog »

Face à un scénario télé, une « nouvelle » économie garantirait un « gain » cumulé de 26 milliards de dollars, par rapport au résultat attendu avec l’ancien modèle. Estimation jugée « prudente » par les auteurs eux-mêmes. En outre, 65 millions d’emplois verts pourraient être créés d’ici 2030. Et 700 000 décès prématurés dus à la pollution atmosphérique pourraient être évités au cours des douze prochaines années.
Tout cela pourrait être réalisé dans cinq secteurs : l’énergie, les villes, le traitement de l’eau, l’industrie, l’agriculture et l’utilisation des terres. Le rapport explique que la remise en état de 160 millions d’hectares de terres dégradées pourrait rapporter 84 milliards de dollars par an. Rien que pour les peuples autochtones de la forêt amazonienne,  » jusqu’à 10 000 dollars par hectare pourraient être générés en termes d’avantages pour le système. En outre, une réforme des subventions et du prix du charbon garantirait une augmentation des recettes publiques de 2,8 billions de dollars par an en 2030. L’équivalent du PIB d’un pays comme l’Inde.

Des investissements verts et l’arrêt du financement des énergies fossiles sont nécessaires

Ceci à condition, toutefois, que des choix précis soient faits. La Commission explique qu’un prix pour les émissions de CO2 compris entre 40 et 80 USD devrait être fixé par toutes les grandes puissances économiques. Et que cela devrait être fait d’ici 2020. Le financement public des combustibles fossiles et des agro-industries polluantes devrait être supprimé. Les entreprises et les investisseurs devraient également être obligés de communiquer les impacts climatiques de leurs activités.
Un grand programme de soutien aux infrastructures durables doit également être lancé. Les banques de développement devraient également doubler leurs investissements verts. Et, d’ici 2020, toutes les entreprises du Fortune 500 devraient présenter des objectifs d’affaires conformes à l’Accord de Paris.
En ce qui concerne l’eau,  » de bonnes politiques pourraient augmenter le PIB de 6% dans certaines régions d’ici 2050 « . Ceci « malgré le changement climatique et la croissance démographique ». Mais il faut environ 114 milliards de dollars par an, principalement dans les économies émergentes, pour assurer l’accès universel à l’eau potable. Dans les secteurs de l’industrie lourde et des transports, l’introduction de meilleures technologies pourrait réduire la consommation d’énergie de 26 % au cours des 25 prochaines années. Cela garantirait une réduction de 32 % des émissions de CO2 au cours de la même période.

Le message est donc que tout est faisable. Et cela en vaut aussi la peine : du point de vue du climat, de la santé, du bien-être et du développement. Tout ce qui manque, c’est la volonté politique de s’engager sérieusement dans le changement. Pensez que depuis 2009, le monde a promis d’allouer 100 milliards de dollars par an aux travaux de protection du climat.